samedi, février 03, 2007

De l'art de se mettre en danger

Samedi matin, 10h, j'entre au Starbuck Coffee, rue de l'Opéra. Je me saisis aussitôt du mug "collector Paris" enfin mis en vitrine et je me dirige vers la caisse pour commander un chocolat à emporter et régler le tout.

Le caissier est une connaissance lointaine dont il me serait parfaitement inutile de peiner à retrouver le nom. Je choisis donc de ne pas le faire, mais un regard et un sourire qu'il me rend suffisent à se dire "on se connaît" et voilà. C'est toujours plus agréable d'être servi par un visage ami que d'entendre "14 Euros ,70 centimes" énoncé par une bouche professionnelle et froide pour soi.

Je tends de quoi payer ma dette, m'attendant à quelques piécettes en retour des 15 € donnés, mais malgré ma distraction matinale je remarque que c'est plus de 10 € qui m'on été rendus par mon lointain ami. Dans un réflexe d'honnêteté hérité de cette sainte femme qu'est ma mère, je lui tends à nouveau ticket et monnaie, lui faisant remarquer qu'il m'a certainement trop rendu.

Il récupère le tout, fait mine de contrôler à nouveau son écriture, me rend l'ensemble sans rien dire mais fermement et je perçoit comme la gêne de celui dont on refuse le cadeau. Je comprends donc que l'avoir reconnu me vaut une ristourne offerte avec l'argent de son patron et que mon insistance à être honnête est ici malvenue.

Dernier acte, alors que j'ai récupéré ma boisson - chaude et onctueuse à souhait - et que je salue à la cantonnade avant de sortir il complète sans me regarder vraiment son aurevoir d'un doigt complice sur la bouche.

Je n'ose imaginer ce qu'il adviendrait si un quelconque cheffaillon, a observé la scène, depuis le rendu de monnaie jusqu'au doigt avec lequel mon "ami" se dénonce tout seul. Si chacune des visites privées des employés coute un Mug à 11 € à la compagnie, certaines questions ne manqueront pas de se poser rapidement. Bref, il y a quand même de quoi se faire virer, pour un "cadeau" fait à quelqu'un qui ne se souvient même pas de votre prénom et ne pourra vous remercier, vu le contexte du don. Ou l'art de se mettre en danger gratuitement.